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Réchauffement climatique ou oscillations de température ?

Alors, prêts pour un peu plus d’analyse de statistiques de météo pour Québec ? Je vous le dis tout de suite, il y a du mystère là-dedans, et je serais bien content si vous y trouviez une explication !

Dans l’article précédent, les données des températures moyennes pour février 1876-2011 à Québec ont montré une augmentation faible de la température moyenne (à un taux de 0,8 C par 100 ans). Mais un phénomène intéressant, et que je n’arrive pas à expliquer, se cache derrière ces données.

Je m’en suis rendu compte en calculant les moyennes mobiles sur 10 ans. Oh ! J’imagine votre expression faciale en ce moment même 🙂

Ce n’est pas si compliqué: la moyenne mobile, c’est une moyenne qu’on calcule en prenant disons les températures des dix années précédant 2000. On calcule donc ainsi la température moyenne pour 1990-2000. Ensuite, on se déplace d’une année, et on calcule la moyenne pour 1991-2001, puis 1992-2002, et ainsi de suite. Qu’est-ce que ce processus nous donne ? Ça fait qu’en prenant des moyennes sur 10 ans, on se trouve à « moyenner » les écarts subits, on peut donc alors plus facilement observer la tendance générale. La moyenne mobile est très utilisée par certains analystes des marchés boursiers, ça enlève les fluctuations rapides (« Les profits de GM annoncés hier sont bons », l’action a monté) et on voit mieux la tendance générale (« La compagnie est encore en difficulté », l’action est sur une pente descendante). Mais on s’éloigne du sujet… quoique automobiles et réchauffement climatique…

Donc, le graphique de la moyenne mobile des températures de février, il nous dit quoi ? D’abord, le voici:

Vous remarquerez qu’il commence à 1886… pourquoi ? Si vous avez répondu « Parce que ça prend les 10 premières années pour trouver la première moyenne mobile de 10 ans », bravo, vous avez tout compris.

Ce qui saute aux yeux, ce sont les oscillations. Wow ! Certaines sont très symétriques. Les deux plus nettes (1895-1915 et 1977-1997) durent toutes deux une vingtaine d’années. Quand j’ai vu ces oscillations, j’ai pensé aux cycles solaires, mais leur durée est de 11 ans habituellement… Pas eu d’autres idées, et vous ?

On voit bien que la moyenne mobile sur 10 ans a effectué une sacrée poussée vers le haut entre les décades 1904-1914 et 1951-1961: rien de moins qu’une augmentation de 4,4 C. Ce n’est pas énorme, c’est « hallucinamment » gigantesque !

Autres observations:

1. La décade la plus froide depuis 1876 fut celle de 1904-1914… ça commence à faire longtemps !

2. La plus chaude fut 1951-1961, après une montée fulgurante. J’aimerais bien y trouver une explication.

3. Relativement récemment (1986-1996), on a touché un minimum de moyenne jamais atteint depuis la décade 1914-1924. Hé ! On a vécu du froid comme dans « l’ancien temps de pépère Joe » !

4. Si les oscillations reprennent leur allure la plus habituelle, on se dirigerait vers des moyennes qui vont diminuer au cours des prochaines années. Ça semble même légèrement amorcé depuis 2007. Continuez à suivre le blog, on pourra confirmer cela ou pas dans environ… hum… 10 ans !

Voilà, j’espère que mes deux petits graphiques sur les températures de période du Carnaval à Québec ne vous ont pas trop ennuyés. Chose certaine, j’ai eu bien du plaisir à les faire, et j’ai même « découvert » des choses. Pas encore fourni d’explications, mais ça viendra peut-être avec votre aide !

Conclusion ultime ? Je peux peut-être relaxer: avec une augmentation de 0,8 C par 100 ans (voir , Alors, réchauffement ou pas ?) je ne verrai pas les palmiers à Québec en février ! Il ne me reste que les onze autres mois d’une année pour m’inquiéter des effets du réchauffement sur Québec ! Mais j’ai, nous avons, tous les 12 mois de l’année pour trouver nos petits gestes pour en limiter les effets. Non, l’air climatisé en été n’est pas un moyen de combattre le réchauffement planétaire, pas plus que l’enneigement artificiel des pentes de ski en hiver !

  1. vinvin20
    15 mars 2011 à 17:39

    Belle analyse!
    Bizarre cette forte hausse entre 1951 et 1961..Peut être du a l’industrialisation de la region…usines…d’ou dégagement de chaleur dans l’atmosphère…?!

    • 15 mars 2011 à 17:54

      Merci vinvin20 d’avoir apprécié l’analyse, j’avais un peu peur d’avoir pondu un truc ennuyeux parce que trop long et « technique » ! 🙂 Cette station météo est située un peu à l’écart de la ville, dans un endroit qui n’a pas tant changé au fil des ans, mais qui sait, peut-être que l’industrialisation locale, ou régionale voire nationale a peut-être eu un effet comme tu le proposes. Chose certaine, ça montre que dans ce domaine pour bien comprendre, il faut utiliser plusieurs sources de données… et encore là c’est difficile à comprendre.

  2. Sli
    21 novembre 2011 à 13:02

    je ne sais pas combien de gens suivent ton blog. Mais je vous suggère la lecture du roman State of Fear (Etat d’urgence) de Michael Crichton.
    Voici le lien wiki ( http://fr.wikipedia.org/wiki/État_d%27urgence_(roman))

    C’est un sujet compliqué, et en parler 19 secondes aux nouvelle le soir pour citer une nouvelle étude…ca mélange tout le monde.

    Ca m’énerve quand un ami me raconte que quand il était jeune il y avait de la neige haut comme ca et que la il fait tout le temps trop chaud !!! Et que les compagnies d’assurance en profite pour nous four…en prévision des cataclisme à venir !

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